La Révolution Française

En 1774, le jeune prince héritier de la couronne sous le titre de Louis XVI, trouvera la situation de la France bien précaire. Il y avait tant de gens privilégiés auxquels les précédents règnes avaient accordé de nouvelles charges et emplois publics, que le peuple était exténué par de nouveaux impôts et droits à acquitter.

Dès la première année de son règne, une révolte éclata sur le marché de Meulan le lundi 1er mai 1775, à cause du prix trop élevé du blé, taxé à 40 livres les 160 litres. Deux mille agitateurs se mirent à piller les magasins de graines et de farines. Il fallut cent gendarmes plus un détachement du régiment de la reine pour protéger les boulangeries et rétablir l’ordre.

Les prémices de la révolution étaient là mais le roi, trop indécis et mal conseillé, laissera les choses en l’état sans prendre les mesures nécessaires. Les difficultés s’amoncellent et le roi va devoir prendre une décision. Il ordonne donc en 1787 la réunion des notables du royaume.

Les princes du clergé, de la noblesse et de la magistrature doivent reconnaitre que des sacrifices vont être nécessaire pour combler les déficits mais aucun ne veut faire le premier pas et ils se séparent sans apporter la moindre solution. Louis XVI réunit alors des assemblées provinciales. L’assemblée de Meulan est représentée par le seigneur du Coudray et le maire de Pontoise et seigneur de Nucourt. Il n’obtiendra malheureusement pas plus de résultats. A cette situation déjà préoccupante viennent s’ajouter les dégâts d’un terrible orage qui s’abattit sur l’Ile-de-France le dimanche 13 juillet 1788.

Toutes les récoltes, arbres fruitiers et habitations furent anéantis sur deux bandes parallèles de 16 et 8 kilomètres. 1039 communes furent touchées et les dommages furent estimés à 24.690.000 livres.

Face à tant de difficultés il fallut se résoudre à la convocation des États généraux. Le roi fit réunir dans plus de 400 circonscriptions ou baillages, les délégués des trois ordres avec pour mission de rédiger les Cahiers de doléances qui serviront de base pour les travaux de la grande assemblée. Après l’achèvement de la rédaction de leurs vœux, les délégués nommèrent des commissions qui regroupèrent plusieurs baillages et donc plusieurs cahiers de doléances en un seul.

Dans le Vexin il n’y eu qu’une seule commission qui eut lieu le 16 mars 1789 et fut présidées par le marquis de Guiry-en-Vexin. Ces commissions nommèrent des députés qui produisirent leurs résumés des réformes souhaitées aux Etats généraux.

Dans l’organisation de ces Etats généraux, il est clair que le clergé et la noblesse, ayant droit à la porte d’honneur pour accéder à la salle des séances, avait une place de choix tandis que le tiers-état disposant d’une entrée spéciale devait comprendre que le gouvernement ne ferait que peu de cas de leurs doléances.

Le clergé fut effectivement comblé de faveur et de son côté la noblesse ayant déjà tant de privilège, le roi ne pouvait plus rien pour elle.

Le tiers-états pour sa part réclame le vote d’une constitution, la liberté de conscience, le paiement d’impôts proportionnels par tous, le remplacement des justices seigneuriales par des tribunaux réguliers, l’admission des citoyens à tous les emplois, selon leurs capacités et la liberté de commerce et de l’industrie.

C’est à ce moment que le roi aurait pu engager les réformes indispensables et ainsi laisser aux générations futures une image lumineuse de son règne, mais au lieu de cela il se laissa convaincre de remettre à plus tard ces réformes. Effrayé par tant de changements partout réclamés, Louis XVI veut dissoudre les Etats généraux avant que les discussions n’aient commencé.

La plupart des membres refusent d’évacuer la salle et jure de ne sortir que quand ils auront donné une constitution à la France.

« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes ».
Mirabeau

Les évènements se précipiteront bientôt avec fureur. Dès le 14 juillet, le peuple de Paris organise une milice et s’empare de la Bastille. Suivant l’exemple de la capitale, les villes de province forment des gardes civiques ; tout le royaume est bientôt sous les armes.

La nuit du 4 au 5 août, l’Assemblée nationale abolit tous les titres de noblesse et les privilèges. Sur proposition de Talleyrand, les possessions du clergé sont déclarées biens nationaux. Après deux années l’Assemblée nationale soumettra au roi la constitution qu’elle a élaborée.

Elle transfert la souveraineté du roi à la nation et sera promulguée le 3 septembre 1791. Le 21 septembre 1792 la Convention nationale remplace l’Assemblée. Elle abolit la royauté et proclame l’avènement de la République une et indivisible. Le roi et la Reine sont mis en jugement et exécutés.

Le régime constitutionnel révèle vite ses défauts. La Révolution au lieu d’apaiser crée de nouvelles radicalisations. La situation se dégrade rapidement de tout cotés ; les nobles sont suspectés, molestés, les paysans mécontents sont source de violences et la situation économique se dégrade. C’est la période de la Terreur qui s’installe avec ses jugements sommaires et ses exécutions de masse. Elle s’achèvera le 28 juillet 1794 avec la chute de Robespierre.

Le territoire rural du Vexin n’aura pas connu de gros bouleversements pendant la Révolution française. Les bourgeois se seront enrichis par l’achats de biens nationaux comme le couvent de Villarceaux acheté par Joseph Lakanal rallié à la Révolution. Le duc de La Rochefoucauld exécuté à Gisors le 4 septembre 1792.

Le 26 octobre 1795, la Convention fit enfin place au Directoire.